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Respiration et cohérence cardiaque

La respiration a bien entendu une fonction vitale qui est d’amener l’oxygène nécessaire à la production d’énergie cellulaire et d’évacuer le CO2 produit par le métabolisme cellulaire.

Au-delà de cela, elle joue un rôle dans l’atteinte d’un état de relaxation et de cohérence cardiaque. On entend actuellement beaucoup parler de la cohérence cardiaque et de son rôle bénéfique dans la gestion du stress. De nombreuses techniques et applications basées sur la respiration ont vu le jour pour aider l’utilisateur à induire l’état de cohérence cardiaque. L’institut Heartmath (HMI)* avance cependant que la respiration rythmique seule rend plus complexe l’atteinte d’un état de cohérence cardiaque.

 


Respiration et cohérance cardiaque

1- Qu’est ce que la cohérence cardiaque ?

La cohérence cardiaque sensus stricto correspond, selon l’INSERM, à l’arythmie sinusale respiratoire (ASR), soit la variation de la fréquence cardiaque entre l’inspiration et l’expiration. Son amplitude est mesurée par la différence (en nombre de battements par minute) entre le rythme cardiaque maximum à l’inspiration et le rythme cardiaque minimum à l’expiration. Une amplitude élevée d’ASR serait bénéfique d’un point de vue physiologique et psychologique.

Cette ASR est générée essentiellement par le cerveau qui contient des neurones dits « respiratoires » et des neurones dits « cardiaques ». Les premiers entrent dans le circuit de contrôle de la contraction des muscles respiratoires, les seconds dans la commande de l’activité cardiaque.

L’ASR est générée par certains neurones respiratoires qui régulent l’activité des neurones cardiaques parasympathiques (ceux-ci induisent le ralentissement du rythme cardiaque) :

·       Au moment de l’inspiration, les neurones respiratoires inhibent les neurones cardiaques parasympathiques, ce qui résulte en une accélération du rythme cardiaque

·       Au moment de l’expiration, les neurones respiratoires stimulent les neurones cardiaques parasympathiques, ce qui résulte en une décélération du rythme cardiaque

 

Voici une deuxième définition, un petit peu plus large, de la cohérence cardiaque. Selon l’institut HeartMath, physiologiquement, la cohérence décrit le degré d’ordre, harmonie, stabilité des différentes activités rythmiques au sein des systèmes vivants sur une période de temps donnée. Elle intervient quand 2 ou plusieurs systèmes oscillatoires du corps, comme la respiration et les rythmes cardiaques, s’entrainent et opèrent à la même fréquence. La cohérence cardiaque est un type de cohérence intervenant quand les systèmes de l’organisme, la respiration, les rythmes cardiaques, les rythmes du cerveau et la réponse hormonale, fonctionnent de manière synchronisée. Il s’agit d’un état de fonctionnement optimal.

 

Ainsi, la cohérence cardiaque n’est pas un état binaire en mode on/off. Cet état d’alignement coopératif décrit par le HMI s’atteint progressivement au travers de certaines techniques, et il semblerait qu’une pratique consistante et régulière permette d’accéder plus rapidement à cet état cohérent.

 

2- Quel est le rôle de la respiration dans l’atteinte de la cohérence cardiaque ?

Comme nous l’avons vu précédemment, la respiration va moduler le rythme cardiaque et il est donc possible de générer un rythme cardiaque cohérent juste par une respiration lente et régulière. Le HMI préconise un rythme de 10 secondes (5 secondes d’inhalation et 5 secondes d’expiration). Cependant, il considère que, sans outil, ce type de respiration requiert un effort mental important difficile à maintenir. Ses recherches ont également amené à mettre en avant le rôle important des émotions dans le développement de la cohérence cardiaque. Les émotions positives et sincères stimulent le système à sa fréquence de résonance naturelle, ce qui permet à la cohérence d’émerger et de se maintenir naturellement, sans avoir à se concentrer mentalement sur le rythme respiratoire (C’est pourquoi l’institut a développé des outils spécifiques basés sur la génération intentionnelle de ce type d’émotions).

 

3- La respiration permet d’atteindre un état de relaxation

Les exercices de respiration permettent d’atteindre un état de relaxation. Celle-ci est caractérisée, au niveau physiologique, par une augmentation de l’activité du système nerveux parasympathique (celui qui déclenche les réactions opposées aux réactions de stress).

 

4- Quelle est la différence entre relaxation et cohérence ?

La cohérence stimule, comme la relaxation, le système nerveux parasympathique, mais se distingue par une oscillation du système à sa fréquence de résonance naturelle. Cela permet une synchronisation du système nerveux et de l’axe cœur-cerveau. Par ailleurs, contrairement à la relaxation, la cohérence n’induit pas nécessairement une diminution du rythme cardiaque.

 

5- Bilan

Les exercices de respiration simples n’assurent pas forcément l’atteinte d’une meilleure cohérence cardiaque mais permettent de réduire le niveau de stress au travers de la relaxation. Pour entrer en cohérence cardiaque, il faut des outils un peu plus poussés passant souvent par des états modifiés de conscience (hypnose, méditation…) et aidant à générer des émotions positives.

Les bénéfices de la cohérence cardiaque vont au-delà de ceux de la relaxation, c’est pourquoi la distinction mérite d’être faite. La cohérence cardiaque est un pas vers une cohérence plus globale de l’organisme, dont les bénéfices sur la santé sont supérieurs à ceux de la simple relaxation, avec l’augmentation de l’ordre et de l’harmonie dans les process physiologiques et psychologiques.

 

 

*HeartMath Institute : basé en Californie, cet institut fait des recherches sur la communication cœur-cerveau et son rôle dans la gestion du stress, l’augmentation de la cohérence et le renforcement de notre connexion à nous-mêmes et aux autres.

 

Sources :

 

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